Françoise Niel Aubin, artiste.

Une certaine Martine (à la ferme ?) te parle du réchauffement climatique.

apifnielaubin Par Le 01/07/2026 à 16:04

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La canicule n'est pas une catastrophe naturelle. C'est une catastrophe politique.

Depuis des décennies, on nous répète le même refrain : il faut s'adapter. S'adapter à la mondialisation. S'adapter à la concurrence. S'adapter aux marchés. S'adapter aux réformes. S'adapter aux crises.

Aujourd'hui, il faudrait aussi s'adapter à 40°C en juin.

Mais Barbara Stiegler l'a montré : cette obsession de l'adaptation est le cœur du logiciel néolibéral. Quand un système produit des dégâts, on ne remet jamais en cause le système. On demande simplement aux victimes de s'adapter davantage.

Alors adaptez-vous.

Adaptez-vous quand votre logement devient un four parce que vous êtes locataire précaire.

Adaptez-vous quand votre retraite ne permet pas d'acheter un climatiseur.

Adaptez-vous quand votre handicap transforme chaque vague de chaleur en épreuve physique.

Adaptez-vous quand votre enfant dort mal parce qu'il fait 30°C dans sa chambre à minuit.

Adaptez-vous quand vous travaillez dehors sous un soleil qui cogne comme jamais.

Pendant ce temps, ceux qui nous donnent des leçons d'économie prennent l'avion, climatisent des milliers de mètres carrés de bureaux et continuent d'expliquer que la priorité reste la croissance.

Les mêmes qui ont passé vingt ans à défendre le productivisme découvrent soudainement que les thermomètres sont montés trop haut.

Et puis il y a les climato-sceptiques professionnels.

Les Pascal Praud, les éditorialistes de plateau, les influenceurs du doute, les marchands de confusion.

Chaque été est "normal".
Chaque record est "déjà arrivé".
Chaque étude scientifique est "idéologique".
Chaque alerte est "alarmiste".

Pourtant les records tombent année après année. Les glaciers fondent. Les océans se réchauffent. Les sécheresses s'intensifient. Les scientifiques avaient raison. Les climatologues avaient raison. Ce ne sont pas eux qui se sont trompés.

La vérité est simple : les plus fragiles paient déjà la facture.

Les personnes âgées.
Les personnes handicapées.
Les malades chroniques.
Les enfants.
Les travailleurs exposés.
Les précaires.

Comme toujours dans l'histoire, les profits sont privatisés et les conséquences sont socialisées.

On nous demande de croire qu'il n'existe aucune alternative. Barbara Stiegler répond exactement l'inverse : la démocratie commence lorsque les citoyens cessent de s'adapter à un ordre présenté comme inévitable et reprennent collectivement le pouvoir de décider de leur avenir.

Le problème n'est pas que le climat change.

Le problème est qu'un système économique qui détruit les conditions mêmes de la vie continue d'être présenté comme la seule voie possible.

Et ça, ce n'est pas une loi de la nature.

C'est un choix politique.

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